Vue d’ensemble
26 avril 2013
L’incident d’Aguadilla concerne des images infrarouges enregistrées par un aéronef de l’U.S. Customs and Border Protection près de l’aéroport Rafael Hernández, à Porto Rico.
La vidéo montre un ou plusieurs petits objets infrarouges pendant que l’aéronef décrit des cercles autour de l’aéroport. La cible semble se déplacer rapidement au-dessus du sol, passer près de l’aéroport, entrer dans la mer et se diviser en deux objets.
Une étude civile de la Scientific Coalition for UAP a soutenu que la cible se déplaçait à grande vitesse, présentait un déplacement transmilieu et s’était scindée en deux. D’autres analyses ont proposé que la parallaxe, les nuages, l’incertitude sur la distance et le chevauchement des images avaient créé ces impressions.
En mars 2025, l’AARO a publié une résolution officielle. L’organisme a estimé avec un niveau de confiance élevé que les objets n’avaient présenté aucune performance anormale ni aucun comportement transmilieu, et avec un niveau de confiance modéré qu’il s’agissait de deux lanternes célestes. L’AARO a évalué leur altitude à environ 656 pieds et leur vitesse à près de huit miles par heure, en dérive avec le vent.
Contexte historique
En 2013 :
- L’aéroport Rafael Hernández se trouvait dans une zone accueillant des activités aériennes civiles, militaires et fédérales.
- L’U.S. Customs and Border Protection utilisait des aéronefs de surveillance équipés de capteurs infrarouges.
- La vidéo infrarouge peut masquer la profondeur, la distance et les caractéristiques ordinaires visibles en lumière naturelle.
- De petits objets chauds peuvent être suivis sur un arrière-plan plus froid.
- Un aéronef décrivant des cercles autour d’une cible produit une forte parallaxe.
- Des lanternes célestes étaient utilisées lors de célébrations et pouvaient dériver par paires ou en groupes.
La vidéo est devenue publique à la suite d’une diffusion non officielle, et non d’une annonce gouvernementale immédiate et formelle concernant les UAP.
Chronologie
Soirée du 26 avril 2013
Un De Havilland Canada Dash 8 du CBP opérait près de l’aéroport Rafael Hernández.
Des membres de l’équipage ont détecté un ou plusieurs objets en infrarouge.
Suivi initial
L’objet est apparu près de l’aéroport et a été suivi par le capteur de l’aéronef.
La vidéo montre :
- Une petite cible thermique sombre ou claire selon la polarité.
- Un mouvement apparemment rapide par rapport au paysage.
- Des changements de forme intermittents.
- Des atténuations occasionnelles.
- Un déplacement en direction du littoral.
Entrée apparente dans l’eau
La cible semble franchir la côte et poursuivre sa trajectoire au-dessus de l’océan ou dans celui-ci.
Son image infrarouge s’atténue puis réapparaît.
Les partisans de cette interprétation y ont vu une entrée dans l’eau puis une sortie, sans ralentissement.
Division apparente
Vers la fin de la séquence, la cible apparaît sous la forme de deux images thermiques distinctes.
Certains analystes ont interprété ce passage comme un objet se divisant ou se dédoublant.
Analyse civile
La Scientific Coalition for UAP a reconstitué l’événement et soutenu que :
- L’objet se déplaçait rapidement.
- Il avait traversé l’espace aérien de l’aéroport.
- Il était entré dans l’eau.
- Il s’était divisé en deux.
- Les aéronefs ordinaires, les oiseaux et les ballons ne constituaient pas des explications satisfaisantes.
Réévaluation de l’AARO
L’AARO a pris en compte la trajectoire courbe de l’aéronef, les nuages, la ligne de visée du capteur, le vent et la géométrie de la cible.
L’organisme a conclu que :
- Deux objets étaient probablement présents pendant toute la séquence.
- Ils dérivaient à la vitesse et dans la direction du vent.
- Le mouvement de l’aéronef créait une impression de grande vitesse.
- Des nuages masquaient les cibles par intermittence.
- Les objets n’étaient pas entrés dans l’eau.
- Le chevauchement des images et les variations de visibilité avaient créé l’apparence d’une division.
L’AARO a estimé, avec un niveau de confiance modéré, que les objets étaient probablement des lanternes célestes.
Principaux témoins et analystes
A. Équipage du CBP
A détecté et enregistré les cibles infrarouges.
Les informations publiques sur les observations individuelles des membres de l’équipage sont limitées.
La vidéo est plus importante que les récits ultérieurs des témoins.
B. Personnel de l’aéroport Rafael Hernández
Selon certains récits, les opérations aéroportuaires auraient été perturbées par un objet non identifié.
L’ampleur d’une éventuelle fermeture ou perturbation est contestée.
C. Analystes de la Scientific Coalition for UAP
Ont produit une longue étude technique.
Ils ont interprété la cible comme un objet unique présentant un mouvement extraordinaire et une capacité de déplacement transmilieu.
D. Analystes de l’AARO
Ont reconstitué l’orbite de l’aéronef et les positions des cibles.
Ils ont conclu que deux objets lents, entraînés par le vent, expliquaient le mieux les images.
Éléments matériels
Les éléments disponibles comprennent :
- Une vidéo infrarouge.
- Les données du capteur de l’aéronef affichées sur la vidéo.
- Des informations sur la trajectoire de vol.
- Des relevés météorologiques.
- La géographie de l’aéroport.
- Des estimations du vent.
- Des analyses géométriques civiles et gouvernementales.
Aucun objet matériel n’a été récupéré.
Aucune vidéo indépendante en lumière visible n’est accessible au public.
Aucune trace radar ne démontre de manière concluante une vitesse élevée.
Aucun capteur sous-marin n’a détecté l’entrée d’un objet.
La dégradation progressive de la vidéo a été influencée par l’augmentation de la distance, l’altitude de l’aéronef et la présence de nuages épars.
Enquête officielle
La résolution publiée par l’AARO en 2025 a conclu :
- Avec un niveau de confiance élevé, qu’aucune performance anormale n’avait eu lieu.
- Avec un niveau de confiance élevé, que les cibles n’avaient présenté aucun comportement transmilieu.
- Avec un niveau de confiance modéré, qu’il s’agissait de deux lanternes célestes.
- À une vitesse estimée d’environ huit miles par heure.
- À une altitude estimée d’environ 656 pieds.
Cette analyse marquait une rupture importante avec les interprétations populaires antérieures de la vidéo.
L’identification des lanternes avec un niveau de confiance modéré laisse une certaine incertitude sur la nature exacte des objets, tout en rejetant nettement les affirmations de performances extraordinaires.
Deux lanternes célestes
Points forts :
- Les lanternes dérivent à la vitesse et dans la direction du vent.
- Deux lanternes peuvent se chevaucher visuellement puis se séparer.
- Leurs flammes chaudes produisent de fortes signatures infrarouges.
- Les lanternes peuvent s’atténuer derrière les nuages.
- Leur mouvement réel, lent, peut paraître rapide en raison de la parallaxe créée par l’aéronef.
- La reconstitution de l’AARO faisait correspondre le déplacement des objets à celui du vent.
- Selon les informations disponibles, des lanternes avaient été lâchées dans la région lors de célébrations.
Limites :
- Il est possible qu’aucun relevé précis du lancement de ces objets ne soit disponible.
- Les changements d’apparence de la cible sont difficiles à interpréter pour un observateur non spécialiste.
- Des analystes antérieurs ont soutenu que le motif thermique ne correspondait pas à de simples lanternes.
Parallaxe
Points forts :
- L’aéronef du CBP a décrit un large arc autour de l’aéroport.
- Le capteur observait un objet proche et lent devant un arrière-plan terrestre éloigné.
- Le mouvement de l’arrière-plan peut donner l’illusion d’une cible se déplaçant à grande vitesse.
- Le même effet est courant dans les images de ciblage aéroportées.
Limites :
- Une reconstitution exacte dépend de la position de l’aéronef et de l’altitude de la cible.
- Des hypothèses différentes sur la distance produisent des trajectoires différentes.
Des nuages pris à tort pour une entrée dans l’eau
Points forts :
- L’AARO a identifié des couches de nuages épars.
- L’aéronef est monté dans ces nuages ou à proximité.
- Des objets infrarouges peuvent s’atténuer derrière de minces nuages.
- La distance entre la cible et l’aéronef a fortement augmenté.
- Une disparition apparente près du littoral ne prouve pas une immersion.
Limites :
- Visuellement, la vidéo suggère une interaction avec l’eau.
- Les analystes civils ont interprété les variations de luminosité comme une immersion partielle.
- La profondeur des nuages et la position exacte de la cible ne peuvent pas être observées directement dans la séquence.
Un objet se divisant
Points forts de l’interprétation extraordinaire initiale :
- Les dernières images semblent montrer une cible devenant deux.
- Les deux images semblent poursuivre leur mouvement ensemble.
Limites :
- Deux objets se chevauchant offrent une explication plus simple.
- Un changement d’angle de vue peut révéler des cibles initialement superposées.
- Le flou dû au traitement de l’image peut fusionner des sources de chaleur proches.
Oiseau ou ballon
Points forts :
- Les deux peuvent se déplacer lentement à basse altitude.
- L’un comme l’autre peut être difficile à identifier en infrarouge.
- Leur vitesse peut correspondre à celle du vent ou à un vol naturel.
Limites :
- À une résolution suffisante, les oiseaux devraient normalement présenter des mouvements actifs ou des signatures d’ailes.
- Les ballons ordinaires peuvent ne pas posséder de source thermique marquée.
- L’AARO a jugé les lanternes plus compatibles avec les images que des ballons non chauffés.
Arguments avancés par les chercheurs sur les UAP
Les partisans d’une interprétation anormale mettent en avant :
- Des images provenant d’un capteur fédéral.
- Un passage apparent dans l’espace aérien de l’aéroport.
- Une vitesse apparente élevée.
- Une entrée apparente dans l’eau.
- L’absence de surfaces aérodynamiques visibles.
- Une division apparente en deux.
- La longue durée du suivi.
Les critiques répondent que chaque caractéristique extraordinaire découle de l’hypothèse d’un seul objet lointain et rapide, plutôt que de deux objets plus proches et plus lents observés depuis un aéronef décrivant des cercles.
Évaluation historique actuelle
L’incident d’Aguadilla a autrefois été présenté comme l’un des exemples les plus nets d’un comportement transmilieu attribué à un UAP.
La reconstitution de l’AARO affaiblit considérablement cette interprétation.
L’explication la plus probable est la suivante :
- Deux petits objets chauds dérivaient ensemble.
- Le déplacement propre de l’aéronef créait l’impression de vitesse.
- Les nuages provoquaient les atténuations.
- La perspective produisait une entrée apparente dans l’eau.
- Le chevauchement initial créait l’illusion d’une division.
L’identification précise comme lanternes célestes reste étayée avec un degré de confiance modéré, sans atteindre la certitude absolue.
A. Déterminer le nombre d’objets
Deux objets étaient-ils présents dès le départ, mais superposés ?
Peut-on détecter deux centres thermiques distincts dans les premières images ?
B. Reconstituer l’orbite de l’aéronef
Comment la cible apparaît-elle lorsqu’elle est représentée dans des coordonnées fixes par rapport à la Terre plutôt que dans les coordonnées de l’image ?
C. Comparer avec le vent
Le mouvement calculé de la cible correspond-il à la vitesse et à la direction historiques du vent ?
D. Modéliser les couches nuageuses
Lorsque l’image s’atténue, la ligne de visée du capteur traverse-t-elle une couche nuageuse cartographiée ?
E. Tester l’affirmation d’une entrée dans l’eau
La position de la cible coupe-t-elle réellement la surface de la mer ?
Ou semble-t-elle simplement se trouver au-dessus de l’océan depuis le point de vue de la caméra ?
Dossier de recherche
- Période : 2013
- Profil des témoins : un seul équipage de vol
- Profil des éléments disponibles : cas fondé sur une vidéo aéronautique infrarouge
- Témoins répertoriés : 1
- Groupes de cas : tous, pilote militaire
- Analyse approfondie dans la chronologie : non répertoriée séparément
Analyse des éléments
Ces points d’examen précisent les affirmations, les limites du dossier, les explications concurrentes et les questions relatives aux éléments disponibles qu’il convient de vérifier avant de tirer une conclusion.
- Distinguer ce que l’équipage a perçu visuellement de ce que les analystes ont ensuite déduit de la vidéo.
- Vérifier les hypothèses relatives à la distance, à la température de l’objet et à son comportement apparent de division.
- Comparer les critiques sceptiques de l’analyse d’image avec l’interprétation initiale.
UAPRAD distingue les documents contemporains, les déclarations attribuables aux témoins, les éléments matériels ou issus de capteurs, les souvenirs ultérieurs et les commentaires interprétatifs. La page rend l’incertitude explicite lorsque le dossier est incomplet et traite l’absence d’identification comme un état de la recherche, et non comme la preuve d’une explication particulière.
Citations et liens vers les sources
Les sources sont indiquées afin que les lecteurs puissent distinguer les documents primaires, les archives institutionnelles, les déclarations de témoins, le travail journalistique et les commentaires ultérieurs.
Sources primaires
- Vidéo infrarouge originale du CBP.
- Données de vol et de capteur de l’aéronef.
- Archives de l’aéroport.
- Observations météorologiques et du vent.
- Rapport de résolution de cas publié par l’AARO en 2025.
Sources secondaires
- Rapport de la Scientific Coalition for UAP.
- Analyses indépendantes de la parallaxe et de l’hypothèse des ballons.
- Études des capteurs infrarouges.
- Reconstitution géométrique de l’AARO.
Évaluation générale
L’incident d’Aguadilla constitue un exemple utile de la manière dont des images infrarouges aéroportées peuvent produire des impressions spectaculaires mais trompeuses.
La vidéo est authentique, mais son authenticité n’implique pas un comportement extraordinaire. L’analyse officielle actuelle étaye fortement l’hypothèse de deux objets lents entraînés par le vent, plutôt que celle d’un engin transmilieu unique se déplaçant à grande vitesse.
L’identité précise reste quelque peu incertaine, mais l’interprétation fondée sur des performances anormales n’est plus convaincante.