Vue d’ensemble

Le National Investigations Committee on Aerial Phenomena (NICAP) fut créé en 1955 comme organisation civile indépendante consacrée à l’enquête sur les signalements d’objets volants non identifiés. Fondé à Washington, D.C., le NICAP entendait promouvoir ce qu’il présentait comme une approche scientifique et objective de la recherche sur les UAP, tout en encourageant une plus grande transparence du gouvernement des États-Unis concernant les enquêtes officielles.

Bien que plusieurs organisations civiles consacrées aux OVNI existent déjà, le NICAP se distingua rapidement par l’importance accordée aux cas militaires et aéronautiques, par le recrutement de professionnels reconnus et par ses efforts pour dialoguer directement avec des responsables gouvernementaux. À la fin des années 1950 et durant les années 1960, il devint l’une des organisations civiles de recherche sur les UAP les plus importantes et les plus influentes des États-Unis.

Création et direction

Le NICAP fut initialement fondé par l’inventeur Thomas Townsend Brown, mais l’organisation connut une importante restructuration après que le major Donald E. Keyhoe, officier retraité du U.S. Marine Corps et auteur spécialisé dans l’aviation, en eut pris la direction en 1957.

Sous la direction de Keyhoe, le NICAP se développa rapidement et attira des milliers de membres, parmi lesquels :

  • Des officiers militaires.
  • Des pilotes civils et militaires.
  • Des scientifiques et des ingénieurs.
  • Des membres des services de renseignement.
  • Des membres du Congrès et d’autres responsables publics exerçant des fonctions consultatives.

La direction et le conseil consultatif de l’organisation comptaient plusieurs officiers supérieurs à la retraite, ce qui renforçait sa crédibilité publique et contribuait à la distinguer de groupes consacrés aux OVNI adoptant une approche plus spéculative.

Objectifs

Les principaux objectifs du NICAP comprenaient :

  • Enquêter sur les signalements émanant de militaires et de témoins civils.
  • Encourager une étude scientifique systématique des UAP.
  • Promouvoir une plus grande transparence gouvernementale.
  • Publier des analyses détaillées de cas importants.
  • Conserver des archives d’observations documentées.

Contrairement à de nombreuses organisations contemporaines, le NICAP accordait une attention particulière aux signalements impliquant des observateurs entraînés, des données radar et plusieurs témoins indépendants.

Publications et enquêtes

À la fin des années 1950 et durant les années 1960, le NICAP publia des bulletins, des rapports d’enquête et des études de cas portant sur plusieurs des incidents les plus importants de la période, notamment :

  • L’incident radar de Lakenheath-Bentwaters (1956).
  • Les observations de Levelland (1957).
  • L’incident de Socorro (1964).
  • L’incident d’Exeter (1965).
  • Les observations du Michigan et la controverse du « gaz des marais » (1966).

Keyhoe et d’autres enquêteurs du NICAP soutenaient fréquemment que certaines explications officielles de l’Air Force ne rendaient pas compte des éléments probants disponibles et demandaient un examen scientifique plus indépendant du phénomène.

Relations avec le gouvernement des États-Unis

Le NICAP entretenait des relations complexes avec l’U.S. Air Force et Project Blue Book. Si l’organisation coopérait occasionnellement avec les enquêteurs gouvernementaux, elle comptait également parmi les critiques les plus constantes de Blue Book.

Keyhoe affirmait que l’Air Force publiait souvent des informations incomplètes sur les cas importants et que Project Blue Book accordait une place excessive aux explications conventionnelles. De leur côté, les responsables de l’Air Force soutenaient que la majorité des signalements pouvaient recevoir une explication satisfaisante et rejetaient l’idée d’un effort coordonné visant à dissimuler des éléments probants.

Ces perspectives divergentes firent du NICAP une voix importante dans les débats publics sur la transparence gouvernementale durant la guerre froide.

Déclin et héritage

Après la publication du Condon Report en 1968 et la fermeture de Project Blue Book en 1969, l’intérêt du public pour les OVNI diminua. Conjuguée aux difficultés financières et aux problèmes internes de l’organisation, cette évolution entraîna une réduction progressive des activités du NICAP au début des années 1970.

Malgré son déclin ultérieur, le NICAP laissa un héritage durable. Ses archives demeurent une ressource historique importante, et l’attention qu’il accordait à la documentation rigoureuse, à la crédibilité des témoins et aux documents officiels influença les organisations civiles qui lui succédèrent ainsi que les approches modernes de l’enquête sur les UAP.

Importance historique

Le NICAP joua un rôle central dans l’évolution du débat public et scientifique sur les UAP durant les années 1950 et 1960. En se concentrant sur des cas militaires et aéronautiques bien documentés, l’organisation contribua à établir des normes pour les enquêtes civiles et alimenta les débats persistants sur la publication d’informations gouvernementales et la recherche scientifique.

Nombre des cas mis en avant par le NICAP conservent une place importante dans les analyses historiques du phénomène UAP.

Sources