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Jon T. Kosloski
Directeur de l’All-domain Anomaly Resolution Office
- TitreDirecteur de l’All-domain Anomaly Resolution Office
Vue d’ensemble
Jon T. Kosloski est le directeur de l’All-domain Anomaly Resolution Office (AARO) du département de la Défense des États-Unis, l’organisme chargé de recevoir, d’analyser et de résoudre les signalements de phénomènes anormaux non identifiés dans les différents domaines relevant de la sécurité nationale américaine. Il a pris ses fonctions en août 2024 après une carrière centrée sur la recherche technique et le renseignement à la National Security Agency (NSA). Son importance dans le dossier UAP découle donc principalement de sa responsabilité institutionnelle : sous sa direction, l’AARO a continué de développer un dépôt central de signalements, des outils analytiques, des résolutions de cas et des évaluations consolidées destinées au Congrès. [S1][S2]
Kosloski n’est pas principalement important comme témoin ou auteur d’allégations. Le dossier pertinent concerne le travail de l’organisme qu’il dirige, les normes méthodologiques qu’il a décrites publiquement et les limites de ce que l’AARO peut établir à partir des données dont elle dispose.
Parcours professionnel
La biographie officielle de l’AARO indique que Kosloski a précédemment occupé des fonctions techniques et de direction au sein de la Research Directorate de la NSA. Ses travaux ont porté sur les réseaux et l’informatique, l’optique en espace libre, la recherche optique, les crypto-mathématiques et les communications spécialisées. Il est titulaire de diplômes de premier cycle en mathématiques et en physique de California State University, San Bernardino, ainsi que d’un doctorat en génie électrique de Johns Hopkins University. Sa recherche doctorale portait sur des récepteurs optiques conçus pour détecter des signaux codés en phase extrêmement faibles, avant des travaux expérimentaux menés avec des scientifiques du National Institute of Standards and Technology. Il est également diplômé du Cryptanalysis Development Program de la NSA. [S1]
Ce parcours est directement pertinent pour le mandat de l’AARO. Une grande partie de l’analyse contemporaine des UAP porte sur l’interprétation de données de capteurs, la qualité du signal, les artefacts d’imagerie, la géométrie, les caractéristiques des plateformes et la distinction entre des observations réellement inhabituelles et des objets ordinaires enregistrés dans des conditions difficiles. Les compétences techniques de Kosloski ne valident pas, à elles seules, une conclusion particulière de l’AARO, mais elles montrent que sa nomination s’appuyait sur des domaines pertinents pour la mesure et l’analyse du renseignement, plutôt que sur une activité publique de plaidoyer autour des UAP.
Nomination à l’AARO
Le département de la Défense a annoncé la nomination de Kosloski au poste de directeur de l’AARO le 26 août 2024. Les publications de l’AARO ont ensuite présenté sa comparution de novembre 2024 devant le Subcommittee on Emerging Threats and Capabilities du Senate Armed Services Committee comme sa première grande intervention publique devant le Congrès dans cette fonction. [S2][S3]
Dans sa déclaration écrite, Kosloski a expliqué que l’AARO traitait avec sérieux et rigueur scientifique les signalements effectués à proximité de sites de sécurité nationale. Il a déclaré qu’à son arrivée en août 2024, l’organisme avait reçu plus de 1,600 signalements de UAP. Il a mis en avant trois priorités immédiates : renforcer les partenariats, accroître la transparence et augmenter la capacité de l’AARO à traiter le volume et la diversité des informations reçues. [S3]
Il a également décrit un vaste réseau de partenaires envisagés, comprenant les forces armées, les agences de renseignement, les laboratoires nationaux, le FBI, le Department of Homeland Security, la NASA, le monde universitaire et la communauté scientifique. Cet élément est important, car le problème statutaire confié à l’AARO ne consiste pas simplement à cataloguer des signalements. L’organisme doit obtenir suffisamment d’informations contextuelles et de données de capteurs pour tester des explications concurrentes, souvent à partir de données détenues par différentes organisations.
Ce que l’AARO affirme que les éléments montrent sous la direction de Kosloski
La position publique de l’AARO sous Kosloski reste que la plupart des cas résolus sont attribuables à des objets ou effets ordinaires et qu’une part importante des cas non résolus le demeure parce que les données disponibles sont insuffisantes.
Kosloski a déclaré au Sénat en novembre 2024 que de nombreux signalements se résolvaient en oiseaux, ballons et systèmes sans équipage, tandis que d’autres ne pouvaient pas être résolus faute des données nécessaires. Il a également indiqué qu’un faible pourcentage de cas méritait une analyse supplémentaire parce qu’ils semblaient potentiellement anormaux. Au cours du même témoignage, il a déclaré que l’AARO n’avait trouvé, dans les éléments analysés, aucune preuve vérifiable d’êtres, d’activités ou de technologies extraterrestres. [S3]
La portée de cette déclaration doit être délimitée avec soin. Il s’agit d’une conclusion institutionnelle sur les fonds, l’accès et les analyses de l’AARO ; ce n’est pas l’affirmation logique selon laquelle tous les signalements de UAP ont été expliqués ou qu’aucun phénomène inconnu ne pourrait exister. Kosloski lui-même a indiqué que l’AARO n’écarterait pas prématurément des explications possibles. La distinction entre « non résolu » et « preuve d’une origine extraordinaire » est essentielle pour interpréter le travail de l’AARO.
Rapport FY2025 et progrès analytiques
Le Fiscal Year 2025 Consolidated Annual Report de l’AARO, rendu public en juillet 2026, fournit la vue quantitative la plus claire du travail de l’organisme pendant le mandat de Kosloski. Il indique que l’AARO a reçu 319 signalements de UAP pendant la période concernée. L’organisme en a résolu 114 et, grâce à de nouvelles capacités analytiques, a également résolu 256 signalements provenant de périodes antérieures, soit 370 résolutions achevées au cours de la période. Les cas résolus ont été attribués à des causes ordinaires, notamment des objets aériens conventionnels ; le rapport a également identifié une fusée commerciale et un jetpack piloté parmi les observations résolues. [S4]
Une évolution particulièrement importante a été la modélisation par l’AARO des éclats lumineux de satellites. L’organisme a indiqué que cette capacité lui avait permis de résoudre 238 UAP précédemment signalés comme des réflexions associées à des satellites. Cela illustre une caractéristique importante de l’analyse des UAP : un phénomène peut paraître inhabituel à un observateur ou à un capteur tout en devenant identifiable lorsque la géométrie, le moment de l’observation et des jeux de données externes sont rapprochés. [S4]
Le même rapport consigne également les limites. Au 30 mai 2025, les fonds de l’AARO contenaient 1,870 signalements. Sur les 319 reçus pendant la période, 191 ont été transférés vers une archive active parce que les données étaient insuffisantes pour poursuivre l’analyse. Neuf signalements justifiaient une analyse supplémentaire avec des partenaires de la communauté du renseignement ou des domaines scientifique et technologique. L’AARO a expressément précisé qu’un transfert vers l’archive active ne signifie pas qu’un cas présentait des performances anormales ; cela signifie que les informations disponibles étaient insuffisantes pour déterminer ce qui s’était produit. [S4]
Il s’agit de l’une des principales précautions à prendre pour ne pas exagérer les statistiques de l’AARO. Le nombre de signalements non résolus ou archivés ne peut pas être assimilé à un nombre d’objets technologiquement anormaux.
Transparence et classification
Kosloski a reconnu publiquement que la capacité de l’AARO à expliquer les cas en public était limitée par la classification. Il a déclaré au Sénat que celle-ci protège généralement les caractéristiques des capteurs, les lieux de collecte, les sources et les méthodes, plutôt que le simple fait qu’un objet ait été observé. Il a également précisé que l’AARO ne pouvait pas déclassifier unilatéralement des informations appartenant à une autre entité gouvernementale et devait travailler avec l’autorité d’origine. [S3]
Cela crée une asymétrie probante inévitable. L’AARO peut déclarer avoir examiné des informations classifiées, mais les chercheurs extérieurs ne peuvent pas auditer indépendamment l’ensemble de ces éléments. Inversement, l’existence de données classifiées venant appuyer une analyse n’établit pas que le phénomène sous-jacent soit extraordinaire. La conclusion appropriée est plus étroite : certaines parties de la base analytique de l’AARO ne peuvent pas être reproduites publiquement et la confiance accordée à ces conclusions dépend donc en partie du processus institutionnel plutôt que d’une réplication ouverte.
L’AARO a néanmoins développé ses pages publiques consacrées aux documents de cas et aux rapports, et sa page de publications comprend désormais des rapports annuels, des documents d’audiences et des dossiers de cas individuels. [S2][S5]
Analyse des éléments
Le mandat de Kosloski peut être évalué à trois niveaux.
Premièrement, les faits institutionnels documentés sont solides. Sa nomination, son parcours technique, son témoignage au Congrès et les publications de l’AARO relèvent du dossier officiel.
Deuxièmement, certains éléments indiquent une augmentation des capacités analytiques. La modélisation des éclats de satellites a produit un grand nombre de résolutions spécifiques, et l’AARO continue de publier des analyses de cas individuels. Il s’agit de résultats mesurables et non de simples déclarations d’intention. Cependant, comme une grande partie des données de capteurs sous-jacentes n’est pas publique, toutes les résolutions ne peuvent pas être reproduites de manière indépendante par des chercheurs extérieurs.
Troisièmement, le principal problème non résolu reste la qualité des données. L’AARO répète que de nombreux signalements ne peuvent pas être résolus parce que des données de capteurs et de contexte suffisamment détaillées et disponibles en temps utile font défaut. Cette limite contraint aussi bien les interprétations conventionnelles que les interprétations extraordinaires. Des données médiocres peuvent empêcher d’identifier un objet ordinaire tout autant qu’elles peuvent masquer un comportement réellement inhabituel.
Ce qui est établi
- Kosloski est l’actuel directeur de l’AARO. [S1]
- Il dispose d’un parcours établi en recherche technique et en renseignement couvrant les mathématiques, la physique, le génie électrique, l’optique, l’informatique et la cryptanalyse. [S1]
- Il a pris la direction de l’AARO en août 2024. [S2]
- Sous son mandat, l’AARO a continué d’élargir ses fonctions de réception des signalements UAP, de résolution de cas et de publication de documents. [S2][S4][S5]
- Le rapport FY2025 fait état de 370 résolutions achevées pendant la période, dont 238 cas résolus grâce à l’analyse des éclats de satellites. [S4]
- Un grand nombre de signalements restent analytiquement incomplets parce que les données disponibles sont insuffisantes. [S4]
- Kosloski a déclaré publiquement que l’AARO n’avait trouvé aucune preuve vérifiable d’êtres, d’activités ou de technologies extraterrestres dans les éléments analysés. [S3]
Ce qui n’est pas établi
- Le nombre de signalements non résolus ou archivés par l’AARO n’établit pas un nombre équivalent d’engins ou de technologies réellement anormaux.
- Les publications publiques de l’AARO ne fournissent pas suffisamment de données sous-jacentes pour reproduire indépendamment chaque résolution classifiée ou dépendante de capteurs.
Évaluation générale
Kosloski est important pour le dossier UAP parce qu’il dirige le principal organisme du gouvernement américain chargé de résoudre les signalements contemporains de UAP. Son importance est institutionnelle et méthodologique plutôt que testimoniale. Les éléments les plus solides associés à son mandat concernent la création et l’application de processus analytiques : agrégation des signalements, partenariats, modélisation des éclats de satellites, résolution de cas et tentative de distinguer les observations réellement non résolues des objets identifiables ou des effets de capteurs.
Le dossier public montre également les limites de ce programme. L’AARO continue de recevoir plus de signalements qu’elle ne peut en analyser complètement, et une part importante ne contient pas les données nécessaires à une identification défendable. L’existence de ces cas ne doit ni être transformée en preuve de technologie extraordinaire, ni être rejetée comme preuve qu’il ne s’est rien produit d’inhabituel. Dans de nombreux cas, les éléments disponibles sont simplement insuffisants.
La contribution la plus importante de Kosloski pourrait finalement dépendre de la capacité de l’AARO à faire évoluer l’enquête UAP, en l’éloignant des récits rétrospectifs au profit d’observations de capteurs mieux caractérisées. Le rapport FY2025 fournit des éléments montrant des progrès dans les outils analytiques, notamment l’identification des éclats de satellites, mais il montre également que la qualité de la collecte demeure le principal goulet d’étranglement. L’évaluation de son mandat devrait donc reposer sur une méthodologie transparente, des éléments au niveau des cas et des améliorations mesurables de la qualité des données, plutôt que sur le seul nombre de cas non résolus.
Niveau de confiance par proposition
| Proposition | Confiance | Base |
|---|---|---|
| Kosloski est l’actuel directeur de l’AARO | Élevée | Biographie officielle de l’AARO |
| Son parcours professionnel est très pertinent pour l’analyse des capteurs et du renseignement | Élevée | Formation officielle et carrière à la NSA |
| L’AARO a matériellement développé certaines capacités analytiques sous son mandat | Modérée–Élevée | Rapport FY2025, dont la modélisation des éclats de satellites |
| Les cas FY2025 non résolus/archivés de l’AARO démontrent une technologie anormale | Faible | L’AARO indique expressément que beaucoup sont archivés faute de données |
| L’AARO a déclaré publiquement n’avoir trouvé aucune preuve extraterrestre vérifiable dans les fonds analysés | Élevée | Déclaration de Kosloski au Congrès |
| Le public peut auditer indépendamment toutes les conclusions de l’AARO | Faible | La classification et l’absence de données brutes de capteurs limitent la réplication |
Sources
[S1] Source primaire — AARO. "Dr. Jon T. Kosloski — Director." Biographie officielle. https://www.aaro.mil/About/Leaders/
[S2] Source primaire — AARO. "Congressional/Press Products." Comprend l’annonce de nomination du 26 août 2024 et les publications ultérieures destinées au Congrès. https://www.aaro.mil/Congressional-Press-Products/
[S3] Source primaire — AARO / dossier d’audition du Sénat américain. Jon T. Kosloski, Statement for the Record, Senate Armed Services Committee, Subcommittee on Emerging Threats and Capabilities, 19 novembre 2024. https://www.aaro.mil/Portals/136/PDFs/Dr_Jon_Kosloski_Statement_for_the_Record_SASC_Open_Hearing_Nov2024.pdf
[S4] Source primaire — AARO. Fiscal Year 2025 Consolidated Annual Report on Unidentified Anomalous Phenomena, rendu public en juillet 2026. https://www.aaro.mil/Congressional-Press-Products/
[S5] Source primaire — AARO. UAP Report Documents / dépôt de documents de cas. https://www.aaro.mil/Next-AARO-Home-redesign/Next-Parent/Next-UAP-Report-Documents/
