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Scott W. Bray

Ancien directeur adjoint du renseignement naval

  • TitreAncien directeur adjoint du renseignement naval

Vue d’ensemble

Scott W. Bray est un responsable du renseignement américain qui a exercé les fonctions de Deputy Director of Naval Intelligence de janvier 2020 à novembre 2023 et a comparu devant le Congrès en mai 2022 pour expliquer le travail de l’Unidentified Aerial Phenomena Task Force (UAPTF) du Department of Defense. Il a ensuite brièvement exercé les fonctions d’Acting Director of Naval Intelligence avant de devenir, à partir de 2023, Assistant Secretary General for Intelligence and Security de l’OTAN. [S1][S2]

L’importance de Bray dans le dossier UAP est institutionnelle et méthodologique. Il ne s’est pas présenté comme témoin d’un événement extraordinaire. Il était plutôt le haut responsable du renseignement qui a expliqué publiquement comment le signalement militaire des UAP avait évolué, pourquoi le nombre de signalements augmentait, quels types d’éléments le groupe de travail recherchait et comment certaines observations apparemment inhabituelles pouvaient être résolues grâce à l’analyse des capteurs et du contexte.

Son témoignage faisait partie de la première audition publique du Congrès américain consacrée aux questions UFO/UAP depuis plus de cinquante ans. [S2]

Parcours dans le renseignement

La biographie officielle de l’OTAN indique que Bray a passé une grande partie de sa carrière dans la communauté du renseignement américaine, notamment à l’Office of Naval Intelligence et à l’Office of the Director of National Intelligence. De 2012 à 2020, il a exercé les fonctions de National Intelligence Manager for East Asia, coordonnant la collecte, l’analyse, le contre-renseignement, les partenariats et les ressources de la communauté du renseignement sur ce portefeuille. [S1]

Il est devenu Deputy Director of Naval Intelligence en janvier 2020, dirigeant des éléments du Naval Intelligence Enterprise et représentant la Marine dans la communauté du renseignement au sens large. Il a exercé comme Acting Director of Naval Intelligence d’août à novembre 2023 avant de rejoindre l’OTAN. [S1]

Ce parcours est pertinent, car l’UAPTF a été créée au sein du Department of the Navy en août 2020. Le témoignage de Bray provenait donc d’un haut responsable situé au cœur de la structure institutionnelle de renseignement et de signalement, et non d’un commentateur extérieur.

Audition du Congrès de mai 2022

Le 17 mai 2022, le Subcommittee on Counterterrorism, Counterintelligence and Counterproliferation du House Permanent Select Committee on Intelligence a tenu une audition publique et une audition à huis clos sur les unidentified aerial phenomena. Bray a comparu aux côtés du Under Secretary of Defense for Intelligence and Security Ronald Moultrie. Le dossier de la Chambre conserve la transcription publique complète. [S2][S3]

Le président André Carson a décrit cette séance comme la première audition publique du Congrès sur le sujet depuis plus d’un demi-siècle. L’événement a marqué une évolution institutionnelle importante : les signalements UAP ont été présentés publiquement comme une question touchant à la sécurité aérienne, à la collecte de renseignement, à la sécurité opérationnelle et à l’analyse scientifique, plutôt que comme une simple controverse culturelle ou historique. [S2][S3]

Pourquoi les signalements militaires de UAP augmentaient

Bray a expliqué au comité que, depuis le début des années 2000, le Département constatait un nombre croissant de signalements d’aéronefs ou d’objets non autorisés ou non identifiés dans des zones d’entraînement militaire. Il n’a pas attribué cette augmentation à une seule cause.

Il a identifié plusieurs facteurs : les efforts délibérés visant à réduire le stigmate associé au signalement, la présence croissante de systèmes tels que les quadricoptères et autres aéronefs sans équipage, l’encombrement aérien ordinaire comme les ballons et l’amélioration des capacités de détection. [S3]

Il s’agit d’un point analytique important. Une hausse du nombre de signalements UAP ne peut pas être automatiquement interprétée comme une augmentation d’un phénomène physique unique. Des changements dans la culture de signalement, les technologies, l’activité aérienne et les seuils de détection peuvent tous accroître le nombre d’observations entrant dans une base de données.

Sécurité aérienne et sécurité opérationnelle

Bray a décrit deux raisons principales de prendre au sérieux les signalements UAP militaires.

La première est la sécurité aérienne. Des objets non identifiés pénétrant dans des zones d’entraînement peuvent présenter un risque de collision ou un danger opérationnel, quelle que soit leur origine.

La seconde est la sécurité. Un objet inconnu dans un espace d’entraînement restreint ou sensible peut représenter une collecte de renseignement étrangère, un drone non autorisé, une autre intrusion conventionnelle ou un phénomène qui ne peut pas être identifié immédiatement. [S3]

Ce cadrage est utile parce qu’il sépare la nécessité d’enquêter de toute hypothèse sur l’explication. Un objet n’a pas besoin de présenter des performances extraordinaires pour justifier une attention s’il se trouve dans un espace où il ne devrait pas être.

De l’anecdote au signalement structuré

L’une des contributions les plus claires de Bray pendant l’audition a été sa description de l’effort visant à faire passer le sujet de récits narratifs à un processus de données plus standardisé.

Il a indiqué que l’UAPTF s’appuyait sur les efforts de la Marine visant à créer des mécanismes de signalement pour les aviateurs et avait développé des procédures en cockpit et après le vol afin de consigner les observations de manière plus cohérente. Le groupe de travail a échangé directement avec les aviateurs et cherché à intégrer à l’analyse des disciplines spécialisées telles que la physique, l’optique, la métallurgie, la météorologie et d’autres domaines. Il a également fait appel à des compétences provenant du gouvernement, de l’industrie, du monde universitaire et de partenaires internationaux. [S3]

Bray a présenté l’objectif comme un passage des récits anecdotiques vers une analyse rigoureuse fondée sur la science, la technologie et l’ingénierie. Cela ne signifiait pas que le témoignage des témoins devenait inutile ; il devait plutôt être accompagné, lorsque cela était possible, de données de capteurs, de plateformes et d’environnement.

L’augmentation des signalements qui a suivi possède donc une interprétation méthodologique autant que probante. De meilleurs systèmes de signalement peuvent faire apparaître des incidents qui auraient auparavant été passés sous silence sans impliquer que le phénomène physique soit soudainement devenu plus fréquent.

Le chiffre d’environ 400 signalements

Au cours de l’audition, Bray a indiqué que la base de données UAP contenait alors environ 400 signalements, soit une augmentation importante par rapport au nombre mentionné dans l’évaluation préliminaire de 2021. [S3]

Ce chiffre a parfois été repris sans qualification suffisante. Il représentait des signalements présents dans la base de données, et non 400 exemples vérifiés de performances extraordinaires. Le propre témoignage de Bray faisait état d’un mélange de causes et soulignait la qualité limitée des données dans de nombreux cas.

Un nombre de signalements constitue donc une mesure du volume de signalement. La valeur probante de chaque cas dépend de ses propres capteurs, de son contexte, de sa corroboration et de son résultat analytique.

L’exemple des images triangulaires

L’audition a abordé des vidéos dans lesquelles des objets semblaient triangulaires lorsqu’ils étaient observés au moyen d’équipements de vision nocturne. Bray a expliqué que la forme observée était liée à l’interaction entre l’équipement de vision nocturne et un système optique reflex mono-objectif, et que les événements avaient été corrélés à des systèmes aériens sans équipage présents dans la zone. [S3]

Cet exemple est important pour deux raisons.

Premièrement, il montre une voie analytique concrète allant d’une image d’apparence inhabituelle à une explication conventionnelle impliquant à la fois un objet réel et un effet d’imagerie. L’apparence dans la vidéo ne représentait pas nécessairement la forme physique de l’objet.

Deuxièmement, il montre pourquoi une explication valable pour une classe de vidéos ne peut pas être automatiquement appliquée à tous les signalements UAP. Bray n’a pas déclaré au Congrès que tous les cas avaient été résolus ; il a expressément reconnu que le Département ne pouvait pas identifier tous les éléments du jeu de données.

L’inférence appropriée est donc méthodologique : les artefacts de capteurs et les caractéristiques des systèmes de collecte doivent être testés avant de tirer des conclusions physiques à partir d’images.

Limites des données

Bray est revenu à plusieurs reprises sur le manque de données de haute qualité. Les capteurs militaires sont généralement conçus pour des missions opérationnelles et non pour l’étude scientifique de cibles inattendues ; les observations peuvent donc manquer de distance, de géométrie, de calibration, d’informations environnementales ou de continuité multisensorielle.

Cela crée une difficulté récurrente. Un cas peut rester non identifié non pas parce que les analystes ont établi des performances extraordinaires, mais parce qu’il n’existe pas suffisamment d’informations pour départager des possibilités ordinaires.

Le témoignage de Bray en 2022 anticipait un principe qui demeure important dans les rapports ultérieurs de l’AARO : la qualité et l’exhaustivité de la collecte sont souvent plus importantes que le nombre brut de signalements.

Classification et éléments publics

Bray a également expliqué pourquoi des informations UAP pouvaient être classifiées même lorsque l’objet observé n’était pas lui-même sensible. Une divulgation peut révéler les capacités de capteurs militaires, leur lieu d’exploitation, ce qu’ils peuvent détecter ou d’autres sources et méthodes de renseignement. [S3]

Il s’agit d’une contrainte légitime de sécurité nationale, mais elle limite également l’examen indépendant. Les chercheurs publics peuvent recevoir une vidéo compressée ou une conclusion officielle sans disposer de l’ensemble des données accessibles aux analystes gouvernementaux.

La classification ne doit donc pas être traitée comme une preuve qu’une observation est extraordinaire. Elle constitue plutôt une limite aux parties du dossier analytique pouvant être vérifiées indépendamment.

Carrière ultérieure

Bray a quitté ses fonctions de Deputy Director of Naval Intelligence en novembre 2023 après une brève période comme Acting Director of Naval Intelligence. L’OTAN l’a nommé Assistant Secretary General for Intelligence and Security, avec des responsabilités comprenant la coordination des organismes de renseignement de l’OTAN et le conseil au Secrétaire général sur les questions de renseignement et de sécurité. [S1]

Cette fonction ultérieure confirme son niveau élevé de responsabilité dans le domaine du renseignement. Elle ne doit cependant pas être utilisée pour suggérer qu’il détient un portefeuille UAP à l’OTAN, sauf si des éléments spécifiques le démontrent.

Analyse des éléments

L’importance de Bray pour le dossier UAP repose sur une source primaire bien définie : un témoignage public devant le Congrès appuyé par une transcription officielle de la Chambre. Cette provenance est exceptionnellement solide par rapport à des résumés ou des récits médiatiques ultérieurs.

Le témoignage est précieux parce qu’il documente une méthode institutionnelle et pas seulement des conclusions. Bray a expliqué pourquoi les signalements augmentaient, quels risques motivaient les enquêtes, comment un signalement standardisé avait été introduit, pourquoi des spécialistes de plusieurs disciplines étaient nécessaires et comment des artefacts de capteurs pouvaient produire des apparences trompeuses.

Des limites subsistent néanmoins. L’audition publique n’a révélé qu’une partie des fonds de l’UAPTF ; une séance classifiée a suivi le même jour. Le public ne peut pas évaluer indépendamment chaque cas sous-jacent aux déclarations plus générales de Bray. De plus, la résolution des vidéos triangulaires constitue un exemple d’une catégorie analytique particulière et ne doit pas être généralisée à des cas sans rapport.

Ce qui est établi

  • Bray a exercé les fonctions de Deputy Director of Naval Intelligence de janvier 2020 à novembre 2023. [S1]
  • Il a témoigné publiquement sur le travail de l’UAPTF devant le sous-comité du renseignement de la Chambre le 17 mai 2022. [S2][S3]
  • L’UAPTF avait été créée au sein du Department of the Navy en août 2020. [S3]
  • Bray a présenté l’enquête militaire sur les UAP principalement en termes de sécurité aérienne, sécurité opérationnelle et analyse structurée. [S3]
  • Il a attribué l’augmentation du nombre de signalements à plusieurs facteurs, notamment la réduction du stigmate, l’augmentation des systèmes sans équipage, l’encombrement aérien ordinaire et l’amélioration des capteurs. [S3]
  • La base de données UAP contenait environ 400 signalements au moment de l’audition. [S3]
  • Il a présenté les images triangulaires en vision nocturne comme un exemple dans lequel des effets optiques et une activité UAS expliquaient une apparence apparemment inhabituelle. [S3]
  • Il est ensuite devenu Assistant Secretary General for Intelligence and Security de l’OTAN. [S1]

Ce qui n’est pas établi

  • Les quelque 400 signalements ne représentaient pas 400 engins anormaux ou extraordinaires confirmés.
  • L’explication de Bray concernant les images triangulaires de vision nocturne ne résout pas les cas UAP sans rapport.

Évaluation générale

Scott Bray a sa place dans l’index Humans de UAPRAD parce qu’il a été l’un des hauts responsables ayant publiquement exposé la base méthodologique du système moderne de signalement militaire des UAP. Son témoignage de 2022 est important non parce qu’il proposait une explication extraordinaire, mais parce qu’il documentait une transition dans la manière dont le Department of Defense cherchait à traiter le problème : réduire le stigmate lié au signalement, normaliser la collecte, intégrer des analyses spécialisées et distinguer les observations non identifiées des performances démontrablement anormales.

L’audition fournit également un exemple instructif de discipline probante. Bray a reconnu l’existence de centaines de signalements tout en expliquant que leur volume reflétait de nombreux facteurs et que des données limitées pouvaient empêcher l’identification. Sa discussion des images triangulaires de vision nocturne a montré comment une signature visuelle apparemment inhabituelle pouvait résulter de l’interaction entre des objets ordinaires et un système optique. Aucun de ces points ne résout tous les cas UAP, mais tous deux sont essentiels à un cadre scientifiquement crédible d’évaluation.

La contribution de Bray doit donc être comprise comme une partie de l’institutionnalisation de l’analyse UAP. Il a aidé à inscrire le sujet dans des processus de sécurité aérienne, de contre-renseignement et d’analyse de capteurs et a expliqué ces processus dans une audition publique du Congrès. Son témoignage reste utile parce qu’il établit ce que le gouvernement déclarait faire à un moment précis de la transition entre l’UAPTF et les structures ultérieures de l’AARO.

Niveau de confiance par proposition

PropositionConfianceBase
Bray était Deputy Director of Naval Intelligence lors de l’audition de 2022ÉlevéeDossiers officiels de la Chambre et de l’OTAN
Il a décrit publiquement les méthodes de signalement et d’analyse de l’UAPTFÉlevéeTranscription officielle de l’audition
La base de données du groupe de travail contenait environ 400 signalements en mai 2022ÉlevéeTémoignage officiel
Les 400 signalements représentaient 400 engins extraordinairesFaibleLe témoignage décrit explicitement des causes variées et des données non résolues
L’exemple triangulaire en vision nocturne a été évalué comme UAS + artefact optiqueÉlevée au niveau du rapport institutionnelTémoignage officiel de Bray
Cette explication des vidéos triangulaires s’applique à tous les signalements triangulaires de UAPFaibleAnalyse spécifique à un cas/une catégorie
Le rôle actuel de Bray à l’OTAN constitue une preuve d’un programme UAP de l’OTANFaibleCette inférence ne découle pas de sa biographie officielle
Sources

[S1] Source primaire — NATO. "Scott W. Bray, Assistant Secretary General for Intelligence and Security." Biographie officielle. https://www.nato.int/cps/en/natohq/who_is_who_221031.htm

[S2] Source primaire — U.S. House of Representatives. "Unidentified Aerial Phenomena (Open and Closed)," dossier de l’audition, 17 mai 2022. https://docs.house.gov/Committee/Calendar/ByEvent.aspx?EventID=114761

[S3] Source primaire — U.S. House of Representatives. Transcription de l’audition publique du House Permanent Select Committee on Intelligence, Subcommittee on Counterterrorism, Counterintelligence, and Counterproliferation, 17 mai 2022. https://docs.house.gov/meetings/IG/IG05/20220517/114761/HHRG-117-IG05-Transcript-20220517.pdf